Tomb Raider: l’Ange des Ténèbres: : Test
Editeur : Eidos Interactive
Développeur : Core Design
Type : Action / Aventure
Nombre de joueurs : 1
Support : DVD-Rom
Date de sortie : 09 juillet 2003
Langue : français (textes &
voix)
Dans le même genre : les autres Tomb
Raider, Primal, Soul Reaver 2
Longtemps annoncé, maintes et maintes
fois reporté, le retour de Lara Croft est aujourd'hui (enfin?) réalité avec
un sixième épisode qui tranche quelque peu avec les productions passées. Mais
à trop se faire désirer, la diva ne risque-t-elle pas de décevoir les espérances
de ses admirateurs ? En effet, à moins d’avoir passé vos vacances sur
Mars ou dans la Lune (où ProPs2 n’est malheureusement pas encore accessible),
vous n’êtes pas sans savoir que la dernière aventure de Miss Croft a, une
fois encore, fait l’objet de nombreuses polémiques : d’un côté on
retrouve les fans à genoux devant la sculpturale pilleuse de tombes élevant le
jeu au rang de meilleur titre de la saga ; de l’autre les inconditionnels
non avares en critiques négatives en tout genre et criant à l’escroquerie.
Alors, qui a raison ? Une fois n’est pas coutume, inutile de tergiverser :
tout le monde a raison ! What ? Explications…
Oui, c’est vrai, Tomb Raider l’Ange
des Ténèbres est sans doute à ce jour la plus captivante des aventures de
Lara Croft et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, PS2 oblige, ce Tomb
Raider est graphiquement le plus beau de la série : l’héroïne passe
ainsi de 500 à 5000 polygones, les environnements et décors se veulent
somptueux (le Louvre, les jardins…) et la gestion des lumières très
satisfaisante. De plus, la belle pourra désormais, outre ses traditionnels
mouvements, se battre à la force de ses poings et pieds et se la jouer Solid
Snake via son mode infiltration. Il lui sera également possible de converser
avec d’autres personnages et de formuler diverses réponses afin
d’influencer le déroulement du jeu. Ajoutez à tout cela un second personnage
jouable en la personne de Kurtis Trent et vous avez là l’essentiel des
nouveautés de ce jeu. Toutes sauf son histoire, son atmosphère car un Tomb
Raider ne serait pas ce qu’il est sans un scénario intense : accusée du
meurtre de son ancien mentor, le professeur Verner Von Croy, Lara va se voir
traquée dans le tout Paris par les forces de police avant d’en découdre avec
les plans d'un alchimiste qui, en plus de
vouloir lui faire porter le chapeau pour ses crimes, semble prêt à tout pour récupérer
des tableaux recelant d'obscurs pouvoirs. Cette histoire emprunte d’une
noirceur et d’une tension
inhabituelle pour la série confère dès lors au titre (l’Ange des Ténèbres)
une dimension plus mature, en phase avec le nouveau personnage de Lara.
Mais qu’en est-il du jeu en lui même ? Alors que l’équipe de
Core Design nous annonçait un titre révolutionnaire, un Tomb Raider qui n’en
est plus un, qu’avons nous à l’arrivée ? Qu’ils n’en déplaisent
aux fans de mademoiselle mais le jeu se révèle globalement… le même !
On avance, on tire un levier qui ouvre une trappe cachant une clé, qui elle-même
ouvre une porte qui donne lieu à une nouvelles énigme, sans oublier les éternelles
phases de plate-forme où la miss devra une nouvelle fois nous prouver ses
talents d’acrobate aguerrie. Un soft somme toute assez classique. Et comme le
mieux est l’ennemi du bien, et que les développeurs ont voulu faire de ce jeu
un hit, ce n’est pas ici son plus grand défaut, loin de là ! Ainsi, la
légendaire exécrable maniabilité du jeu se fait (encore !!!!) ressentir,
tant et si bien qu’il n’est pas rare de s’énerver sur une action basique,
la maniabilité rigide obligeant à placer Lara toujours pile poil à
l'endroit prédéfini pour qu'elle daigne obéir. N’oublions pas non plus les
changements d'angles de caméra déstabilisants, la gestion des sauts désastreuse,
plus la jauge d'accrochage (maudite invention !) mesurant le temps où la bimbo
peut rester suspendue dans le vide avant de lâcher prise et qui ne fait que
compliquer les phases où l'on doit jouer les funambules et les alpinistes. Je
ne parle même pas des pseudo phases
d’infiltration qui se révèlent au final très décevantes (vu l'état
de « crétinisme avancé » des lascars) et qui n’apportent rien de
neuf au gameplay déjà mal en point. Résultat : progresser est si laborieux
que sans la possibilité de sauvegarder quand on veut, le pad finirait à coup sûr
sa carrière encastré dans la télé. De même, le système d'amélioration
progressive des capacités de Lara est au demeurant lui également fort décevant
vu qu'il consiste simplement à trouver une action à effectuer : pousser
une caisse ou forcer une porte avec un pied de biche et vous entendrez Lara dire
: « Hum, je me sens plus forte ». Il
ne s'agit en fait que d'une grosse arnaque visant à obliger le joueur à passer
par les endroits prévus à l'avance par les développeurs. Là, il y a
de quoi s’interroger !!! Idem
pour les décors qui, bien que pour certains magnifiques, restent vides et sans
vie. Même chose pour le personnage de Kurtis qui n’est qu’une pale copie de
la belle aventurière (mouvements identiques). Enfin, terminons ce test par les
innombrables bugs que comportent l’Ange des Ténèbres : Lara traverse ainsi
les rambardes, ses pieds s'enfoncent dans le sol, ses mains s'agrippent dans le
vide, se confondent avec les barreaux des échelles, certaines parois sont
transparentes, d'autres disparaissent carrément... Et la liste est loin d'être
exhaustive ! En 2003, cela est totalement inadmissible.
En bref, de très bonnes idées
mal exploitées accompagnées par de trop
nombreuses défectuosités qui empêchent de s'investir dans une histoire, qui
pourtant, démarrait plutôt bien. Ce
dernier Tomb Raider, s'il n'est pas la grosse bombe qu'on attendait, est tout de
même un bon titre qui comblera les fans de la série. A noter tout de même que
la suite de la trilogie Tomb Raider sur PS2 vient d’être confiée à l’équipe
de Cristal Dynamics, responsable de la saga Blood Omen – Legacy of Kain –
Soul Reaver. Espérons qu’ils fassent mieux que leurs prédécesseurs…
En
clair :
► Graphismes :
15/20 - Des décors maghifiques, une Lara au top de sa(ses) forme(s) mais
globalement les personnages se révèlent assez cubiques. Je passe outre les
affreuses cinématiques et les bugs.
► Animation : 15/20 – Des mouvements
fluides, aucune saccade mais vu le niveau de sous-population, rien de bien
extraordinaire. La gestion des ombres n’est en revanche pas l’un des points
forts du jeu .
► Sons : 16/20 – Très sobres.
Des thèmes musicaux très inspirés dans l’esprit des lieux visités
et un doublage des voix en français globalement convaincant. On déplore la présence
de quelques bugs sonores.
► Durée de vie :
15/20 – L'aventure est plutôt
longue et s'inscrit dans la même lignée que les précédentes péripéties de
la miss. On aurait quand même aimé un peu plus de liberté dans le choix des
actions et dans le déroulement des niveaux.
► Gameplay : 10/20 - A
ce niveau, la série opère un virage qui ne plaira sans doute pas à tout le
monde. Le jeu surprend par une jouabilité plus souple mais qui demande un petit
temps d'adaptation. Dommage que les caméras ne soient pas mieux gérées par
moment..
► Intérêt : 16/20 – Après plus de 3
ans d’absence, on ne va pas cracher sur la soupe. De plus, les développeurs nous avaient prévenus que Lara serait confrontée à
des événements bien plus sombres et plus inquiétants qu'auparavant. Ils
n'avaient pas menti. L'occulte et le mysticisme occupent une place prépondérante
dans le titre.
► NOTE
GENERALE :
Différent des
anciens épisodes mais pas trop. Voilà comment résumer L'Ange des Ténèbres.
Sans être une révolution pour la série, ce sixième épisode est quand même
suffisamment accrocheur (merci le scénario) pour ravir les fans qui attendaient
depuis maintenant trois ans le retour de la belle aux grosses… cuisses.
- Pour les fans :
17/20
- Pour les autres :
14/20
Niko