| Tekken 3 était, avec les Virtua
Fighter, la référence du jeu de baston sur PS1. Graphismes somptueux, gameplay accrocheur, histoire plus étoffée que ses concurrents et persos charismatiques, on arrivait là au maximum de ce que peut livrer ce type de jeu avec 32 bits. Namco proposa le premier passage sur PS2 avec son Tekken Tag
Tournament, épisode à part puisque intemporel, proposant le mix de tous les anciens personnages des Tekken dans une sauce savoureuse en 128
bits.
Mais Tekken 4 apporte pendant la rentrée scolaire un vent de fraîcheur dans le monde du jeu vidéo. Enfin la digne suite du 3ème opus ! Beaucoup d'anciens combattants sont à nouveau présents, parmi lesquels on retrouve la rapide Ling
Xiaoyu, petite lycéenne japonaise, le sublime Lei Wulong, flic chinois possédant à merveille toutes les techniques de Jackie Chan, le grand Hwoarang et son Tae Kwon Do, le charismatique Kazuya Mishima, personnage phare de la série, ou encore le brutal Paul Phoenix et son judo dévastateur. Les fans ne m'en voudront pas de ne citer encore que Marshall Law,
Yoshimitsu, King, Nina Williams, Jin Kazama, Lee, Heihachi Mishima, Eddie
Gordo, ou encore Panda et Kuma, tellement la liste de personnages récurrents est longue. On notera par ailleurs de nombreux nouveaux venus tels que Christie Monteiro (l'élève du capoeriste Eddie
Gordo), le boxeur Steve Fox (fils caché de Nina, chuuut…), ou bien Craig Marduk le champion de Vale Tudo (traduisez par " lutte à mort ",
brrrrr…), qui viennent agrandir la vieille famille et postuler pour être le nouveau King of Iron Fist
Tournament.
Au niveau de l'IA, un problème souvent rencontré dans les jeux de combat subsiste : l'anticipation de la machine. Avant le mode Hard, elle semble imperceptible. Mais dès que l'on devient assez fort, on constate que le combat n'est pas livré par le joueur mais par l'ordinateur. En clair, à chaque fois que l'on donne un coup, l'ordinateur jette les dés. Si le nombre tiré est supérieur au nombre fixé par le niveau de difficulté, le coup porte ! Or, en mode Extra hard, ce nombre est si élevé que la machine bloque 90% des coups, et on s'aperçoit que la machine a décidé sa réaction entre le moment où on appuie sur le bouton, et le moment où notre personnage donne le coup. En 60 ou 100
hz, cela va trop vite pour être remarqué (c'est juste très difficile ;-). Mais en 50
hz, il arrive que le personnage contrôlé par la console se baisse avant que le nôtre donne le coup qui portera en bas. Lorsque l'on répète un coup plusieurs fois, la machine le pare de plus en plus souvent, simulant une sorte d'apprentissage. Le défaut : au bout d'un moment l'adversaire porte des coups anticipés.
D'où l'intérêt des modes à 2 joueurs ! On retrouve les modes Versus et Team Battle en même temps que la joie d'éclater les potes moins entraînés. Pour l'aventure en solo, le tout nouveau mode Story est à ajouter à la liste d'innovations, et propose des prologues en dessin manga pour chaque personnage, ainsi que des scènes cinématiques d'épilogue qui font oublier les cut-scènes de fin minables de Tekken Tag. Le mode Tekken Force de Tekken 3 a été repensé, mais cette transcription en Beat them all devient vite lassante et répétitive. On reprend sans surprise les modes Arcade,
Survival, Time Attack et Practice, tous classiques mais toujours aussi fun à
jouer.
Trop arcade pour les adeptes de Virtua Fighter 4, trop simulation pour les fans de Bloody Roar 3, Tekken 4 est un mélange des deux genres. Son esthétique inimitable et ses nombreux challenges en font un soft incontournable pour ceux qui apprécient le gameplay nerveux de la série. Mais on attend quand même Soul Calibur 2, qui un an plus tard, risque de renvoyer tous ces hits au rang de petits softs sans envergure. Qui sait ? Peut-être Tekken 5…
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